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mardi 19 mars 2013

Polar, rencontre etc


Voici de nouveaux travaux réalisés par mes étudiants de 1re année d'eartsup.
Tout d'abord dans le cadre d'un workshop que j'ai fait avec Vincent Gravé,
illustrateur, sur le thème du polar.

Par groupe de 4 ou 5, les étudiants avaient à réaliser une animation
pour un festival de polar, à partir d'illustrations traditionnelles.

Projet difficile j'en conviens pour des étudiants de 1re année, car,
en plus de l'illustration et de l'animation,
il demandait de soulever de nombreuses notions et questions, telles
les codes (recyclage, interprétation, citation…), la narration, la scénarisation,
le rythme, le travail du son…
Mais ceux-ci se sont bien prêtés au jeu, et voici quelques images fixes et en mouvement
de ce workshop.














Crédits: Florence Pitot, Jordan de Azedevo, Justine Deligat, Mickaël Guesdon, Godeffroy Mbilisi / 
Alexandre Caillé, Romain Girardin Baptiste Danvers, Léo Bruneau /
Fanny Marceau, Mélissandre Gilbert, Alexandra Momal, Marine Laval, Juliette Jouis /
Quentin Piat, Tangi Nguyen Van Giau, Alexandre Grandi, Alexandre Rosenthal, Damien Patie Pelicaut /
Céline Gosset, Julianne Le Floch, Tristan Dubos, Paul Besse, Fabien Benaym


Par ailleurs, une autre petite animation faite cette fois-ci
dans le cadre de mon cours graphisme et animation,
sur le thème de la rencontre.


Baptiste Michard, Morgane Coville, Antoine Guinet, Florian Teyssou, Marie Waeteraere, Quentin Piat,
Lorraine Pochet, Paul Besse, Romain Gerardin, Melissandre Gilbert, Damien Patie Pelicault.






jeudi 13 décembre 2012

Trombinoscope et Praxinoscope, 2

C'est maintenant la troisième année que j'enseigne l'animation graphique aux étudiants
de première année d'e-artsup.
Tout au long de l'année, les étudiants vont explorer les bases du graphisme animé,
en réalisant des projets en animation traditionnelle, en stop motion (prise de vue image
par image).

Pour mettre le pied à l'étrier et comprendre au mieux les procédés du cinéma d'animation,
rien de tel que de se lancer, et gratter un peu de papier… (voire même beaucoup…!)

Le cahier des charges: réaliser un autoportrait en animation traditionnelle, en dessin noir
et blanc, en commençant et terminant sur du blanc, en maximum 10 secondes, 
Certes ce premier travail peut être un brin laborieux, quand on sait qu'il faut 12 dessins
pour faire une seconde d'animation et que les animations font en moyenne 10 secondes!
Mais les étudiants jouent généralement le jeu, et chaque année les résultats
s'en ressentent, et la magie du cinéma d'animation opère!



Crédits: Lorraine Pochet, Morgane Coville, Jordan De Azevedo, Paul Besse, Fabien Benaym, Alexandre Grandi, Juliette Jouis, Godeffroy Mbilisi, Baptiste Michard, Cécile Madoz, Tangi NGuyen Van goiau, Florian Teyssou, Alexandre Rosenthal, Florence Pitot, Johan Piatkowski, Marine Moungalla, Vincent Pariente.

Vous en voulez encore? Regardez donc "Trombinoscope et Praxinoscope",
posté en décembre 2011 sur ce même blog.

samedi 31 mars 2012

La collection enfants

Je viens de terminer ce mois-ci l'habillage du DVD Les contes de la ferme, nouveau
DVD de La collection enfants d'arte.
Ce DVD regroupe des films d'animation tchèques des années 70, principalement réalisés en feutrine, ou en objets réels.
Je réalise depuis le début de cette collection les habillages de leurs DVD,
ce qui m'a permis de découvrir des pépites du cinéma d'animation pour enfants.

Cette collection, souvent en partenariat avec Les films du préau,
édite des films d'animation pour les petits (généralement de 2 à 6 ans).
Le choix des films présentés permet de voir un large pannel d'écritures graphiques
poétiques et originales, de diverses époques et d'horizons très variés (films tchèques, suédois, danois, allemands, chinois, français…)

Parmi une quinzaine de DVD existants, dont beaucoup sont une compilation de courts-métrages d'animations, je m'arrêterai sur les films qui, pour des raisons purement subjectives, ont davantage attiré mon attention.

J'y ai par exemple découvert le film des suédois Uzi et Lotta Geffenblad: Franz et le chef d'orchestre, film déjà remarqué et récompensé dans de nombreux festivals.
Sur une trame narrative de leçon de tolérance musicale, ce couple utilise un mélange d'illustrations et de prises de vues d'éléments réels: gros plans de plantes, chardons… qui donnent à l'ensemble un graphisme sensible et troublant.
Nous retrouvons deux très beaux courts-métrages en papiers découpés de ces auteurs dans le DVD Petit à petit:  Les pierres d'Aston, où un petit garçon ramasse les pierres qu'il trouve sur son chemin, avec l'obstination et le fétichisme dont seuls sont capables les enfants quand il s'agit de cailloux ou de brindilles.
Et Les abricots, mon coup de cœur: une journée au bord de la mer, avec ses excitations et ses dangers, raconté par un petit garçon, dont la voix et le ton sont juste parfaits!
Et plus récemment dans le DVD En promenade, Gros pois et petit point, deux personnages réalisés en volume, dont le long métrage, actuellement sur les écrans, paraîtra à la rentrée dans cette collection de DVD.

Parmi mes préférés également Monsieur et monsieur, série animée tchèque des années 60 de Bretislav Pojar et Miroslav Stepanek, films mélant divers matériaux, marionnettes, objets réels…

Ou encore le personnage attachant de Laban, le petit fantôme, films inspirés des histoires
de Inger et Lasse Sandberg, livres des années 60, devenus depuis des classiques en Suède.
Une voix-off voluptueuse et un rien inquiétante, qui rappelle celle présente dans Desperate Housewives, conte les aventures de ce petit fantôme qui a peur du noir…

Intéressant aussi de voir la sélection de films d'animation des Studios d'art de Shangai, regroupés dans les DVD La boutique des pandas et Malin comme un singecompilations où l'on peut voir différentes utilisations des papiers découpés: très picturales, utilisant des encres colorées, ou plus graphiques avec des papiers découpés dentelés, rappelant le théâtre d'ombres chinoises, comme dans Le hérisson et la pastèque.

Enfin dans le DVD En promenade, moment de grâce danois avec Le moineau qui ne sait pas sifflerdéambulation impressionniste au pays des couleurs…


Si ce qui m'a surtout intéressée dans ces films est la découverte de nombreuses techniques d'animations, majoritairement traditionnelles, qui m'enrichirent personnellement, notamment pour mes cours de graphisme et animation; ces découvertes ne sont pas non plus pour rien dans mes premiers pas dans l'édition jeunesse: l'envie de créer mes propres histoires, mes propres images.

Mais elles sont avant tout une belle découverte pour les enfants, découverte émotive
et sensorielle.
L'exigence de la réalisation et la qualité des illustrations qui s'en dégagent, l'innovation,
sont une joyeuse alternative aux trop incontournables Trotro, Oui-Oui, Hello Kitty et compagnie…
D'ailleurs, bonne nouvelle, j'ai pu le remarquer avec ma fille qui est en maternelle, 
les films de cette collection sont de plus en plus présents dans les écoles, sorties-ciné des centres aérés etc.
Une belle façon d'éduquer le regard et d'éveiller la curiosité de nos petits!


plus d'infos:
www.arteboutique.com
www.lesfilmsdupreau.com



Franz et le chef d'orchestre
Les pierres d'Aston, DVD petit à petit 
Les abricots, DVD petit à petit 

Gros pois et petit point, DVD En promenade


Monsieur et monsieur
Laban, le petit fantôme
Le hérisson et la pastèque, DVD La boutique des pandas
Le moineau qui ne sait pas siffler, DVD En promenade

mercredi 29 février 2012

Metropolis

À la rentrée dernière, nous avons eu l'occasion de voir Metropolis de Fritz Lang,
à l'honneur.
Sa version (quasi) intégrale est ressortie au cinéma pour la première fois depuis… 1927.
Pour la faire courte:
le film, sorti le 10 janvier 1927 est projeté dans sa version intégrale (153 min) à Berlin.
Deux mois plus tard, il sort à New York dans une version amputée (116 min),
puis en aôut de la même année dans une version de 118 min, version tronquée
mais jugée définitive.
Parallèlement, depuis janvier 1927, une copie de la version intégrale est achetée à Buenos Aires et y est diffusée jusque dans les années 60, sans que personne ne remarque la différence. Puis cette copie se perd et, après moults péripéties, c'est en 2008 qu'on la retrouve et que l'on découvre donc les 25 minutes inédites de Metropolissoit la quasi totalité de la version voulue par Fritz Lang.
Et en février 2010 cette version ressort à Berlin, puis fin 2011 dans nos cinémas…
… ouf, nous y voilà!

Une exposition à La Cinémathèque française accompagnait cet événement:
on y montrait différentes étapes de cette restauration ainsi que la fameuse femme-robot,
des esquisses des décors, des sculptures, le matériel technique d'origine…
On visitait l'exposition comme une sorte de coulisses du film.
La visite était rythmée par des chapitres, le film étant découpé en 6 grands thèmes successifs.

Même si j'ai trouvé cette exposition un peu trop factuelle à mon goût
(j'aurai aimé avoir plus d'indices sur ce film grouillant de références
J'ai regretté que la multitude de thèmes et leur complexité ne soient pas davantage développés), je la trouvais néanmoins bien conçue, et c'était aussi une bonne entrée
en matière pour découvrir ce film multi-facettes.
Je saisis cette occasion pour faire travailler mes étudiants d'e-artsup sur Metropolis.

Ce film, qui est le plus souvent conçu sous un angle duel (femme bonne/mauvaise —
femme humaine/femme robot — riches/pauvres — ouvriers/patrons — labeur/plaisir— bien/mal — raison/déraison — industrie/manuel — haut/bas …)
regorge de nombreuses références culturelles: le jardin d'Eden, 
la tour de Babel, Moloch… et de figures mythiques: l'androïde, le savant fou,
la ville futuriste…
Beaucoup de films ont pioché dans ce film à la structure tentaculaire:
parmi les plus célèbres Blade Runner, Le Roi et l'Oiseau, Superman, Pink Floyd The Wall,
Retour vers le futur, Le Cinquième Élément, The Rocky Horror Picture Show
De plus, ces péripéties de montage, cette copie retrouvée, les nombreuses bande-son
qui l'ont accompagné…
Tout cela en a fait un film culte et incontournable.
Son esthétique est ses éléments ont été tellement repris dans d'autres films, clips, bandes dessinées, l'émission télé éponyme… que même avant de l'avoir vu, il fait partie de notre culture, de notre mémoire collective.

De nombreuses pistes s'offraient donc aux étudiants.
Je demandais aux étudiants de 1re année d'e-artsup de choisir un axe de ce film
et de créer une composition graphique (faite, comme il se doit dans ce cours, entièrement à la main, en stop motion) dont ils animeraient l'arrivée des les éléments de la manière
la plus adéquate avec leur visuel.
Leurs propositions furent spontanées et variées.
Je me suis ensuite amusée à en monter quelques-unes, avec la bande-son techno
de Jeff Mills, musique qu'il créa en 2000 lors de la composition d'une nouvelle bande-son pour ce film.




Crédits: Suzanne Dang, Claire Dujardin, Stefania Giraldo Garcis, Marianne Leleu, Sylvain Murat, Erwan Guillier, Mailys Bouret, Gabriel Turot, Victor Larmaraud, Anissa Tufail, Pascal Charleton, Nadège Calegari, Christelle Chauvet, Cindy Taxeira, Marc Razafindralambo, Victor Blecher, Julie Ruffier, Thibaut Algis.

Parallèlement, je demandais aux étudiants de 4e année de Communication Graphique,
de créer une bande-annonce pour ce film… 
Bande-annonce potentielle pour un festival, événement, soirée thématique…
Et par ce biais revisiter la forme de "bande-annonce".
Ci-dessous, en voici trois, très différentes, que je trouve intéressantes:

Celle de Nicolas Pierre-Louis qui crée une illustration d'une ville-personnage,
illustration au traité vectoriel-futuriste, qu'il mixe avec une "condensation" du film.
(on se souviendra de la bande-annonce de Film Socialisme de Godard, en 2010).





La proposition d'Aleksandar Marjanovic, qui fait ressortir les lignes graphiques
de ce film par un traitement contemporain et électro…



Et le travail de Jules Perron et Mikaël Postiglione, qui réalisent leur bande-annonce à partir d'une installation en stop motion, et dont j'aime particulièrement le "déploiement" typographique du titre.
En bonus leur making of, que j'ai encore accéléré (dur dur, une semaine de boulot compressée en 45 secondes…)







mardi 6 décembre 2011

Trombinoscope et Praxinoscope

Voici la seconde année que j'enseigne l'animation graphique aux étudiants de première année d'e-artsup, école d'arts graphiques située au Kremlin Bicêtre.

Dans ce cours les élèves explorent les bases du graphisme animé, via des projets qu'ils réalisent en stop motion (prise de vue image par image).

Nous nous concentrons sur des notions aussi basiques qu'essentielles comme l'adéquation fond-forme, les possibilités de narrations graphiques, et la recherche de sa propre écriture graphique à travers des sujets en dessin peinture, papiers découpés, volume… 
Les élèves ne se rueront pas sur les logiciels d'animation graphique pour l'instant…
ils attendront l'année prochaine, une fois ces fondamentaux abordés.

Si ce cours est d'un abord ludique, il demande néanmoins de faire fonctionner sa matière grise:
je les encourage à affiner leurs idées, les synthétiser et les épurer au maximum.
Simplifier chaque détail, afin de mettre en valeur et de rendre intelligibles leurs intentions.
Mais ce n'est pas tout… quand on sait qu'il faut en moyenne 12 dessins pour faire une seconde d'animation, une bonne quantité d'huile de coude est également requise!
Si ce travail est parfois laborieux, la récompense est de voir ses dessins prendre vie,
instant magique et jouissif!

Voici une petite compilation du premier sujet, réalisé entièrement en dessin traditionnel.
Trombinoscope animé, qui permet d'avoir un aperçu de différentes écritures, de multiples sensibilités et manières d'aborder un sujet aussi classique que l'autoportrait.


Crédits: Marie Magny, Valérian Le Bruno, Thibaut Algis, Edouard Henneron, Antoine Minez, Yves Barreira Diegues, Gabriel Turot, Elvin Fortias, Julie Ruffier, Anis Chouk, Sylvain Murat, Thiphaine Di Valentin, Enzo Brunetti, Marjolaine Coerchon, Marc Razafindralambo, Mehdi Founas.

Une nouveauté cette année, je fais un cours de graphisme et vidéo en 4e année de la filière Design et communication.
Là aussi je mets l'accent sur un esprit minimaliste, primordial selon moi car il oblige à affirmer chaque choix: couleur, rythme, graphisme, sens… 
Chaque détail a son importance, est mis en exergue, et ne peut se dissimuler.
Pour ce premier travail, je leur demandais de partir d'un signe graphique basique (point, trait),
et de le transformer en 10 étapes pour aboutir au logo de l'émission "Mutation(s)".
En fonction de leurs choix de réalisation et partis pris d'animation graphique ce signe prend sens et vie, et fait ressortir l'axe et le thème de cette émision (écologie, technologie, biologie…).

Là aussi, je trouve intéressant de voir comment avec des contraintes très restreintes, chaque élève s'empare du sujet, se distingue, et à travers cela, fait ressortir sa singularité.



Crédits: Pâris Massenot, Haris Rustemovic, Aleksandar Marjanovic, Katell Chabin.



Au programme des prochaines réjouissances nous travaillerons autour de Metropolis.
À suivre donc…